L’identité des AMAP face aux faux amis

Actualité - 03/04/2016

L’identité des AMAP face aux faux amis

Synthèse des rencontres nationales des paysans en AMAP à St Herblain les 16 & 17 janvier 2016 sur ce thème très discuté au sein des AMAP

  • Les modèles business de l’i-commerce comme la "Ruche Qui Dit Oui" qui copie en apparence les codes des AMAP.
  • Les pseudos contrats AMAP qui s'apparentent davantage à des "commandes" pas d'engagement dans le temps, spécificité de certains produits de la ferme comme les colis de viande.
  • Rappel du "triptyque" du concept AMAP : engagement + présence du producteur + lien au sol avec un producteur-paysan et non pas artisan (traçabilité des origines produits) quand est-il ?

Des paysans maraichers en AMAP des 4 coins de la France et leur coordinateur ont partagé leur expérience sur 2 jours sur ce thème, voilà leur synthèse:

Il y a différentes formes de vente directe, et beaucoup de participants ont rappelé qu'il y a de la place pour tout le monde, aussi bien comsom'acteurs que producteurs.
Les autres formes de vente directe sont-elles des concurrentes ? Quelles dualités ? Ou complément ?
Plusieurs formes de faux amis ont été évoquées, mais on a développé beaucoup particulièrement le cas de « larqdo ». Car ceux qui en parlent, la presse, les utilisateurs (mais, et c'est trop fort, jamais eux : larqdo) disent que cela ressemble aux AMAP. Ces faux-amis sont d'excellents communicants,
avec des services juridiques, avocats, créateurs sortant des écoles de commerce, et utilisation des paradis fiscaux.
Certaines personnes (amapiens et producteurs) s'y sont frottées très fort.
Il faut rappeler que cette forme de vente directe est trompeuse car il y a entre le consommateur et le producteur 2 prestataires de service qui prennent 10% du prix TTC chacun au passage, sur le dos du consommateur ou/et du producteur.
Il faut les démasquer, en parler aux journalistes, aux amapiens, jouer sur leurs défauts, en parler aux élus s'ils utilisent des lieux publics illégalement pour leurs activités commerciales. Et les produits alimentaires et autres savons sont loin d’être tous bio (35%). Et même pas vraiment locaux avec des centaines de kilomètres parcourus, car il s’agit également de produits artisanaux dont les produits de base viennent de l’autre bout de la planète.

Nous avons aussi parlé des artisans (boulangers, fromagers, coopératives..) qui frappent aux portes des AMAP. A la différence des producteurs en Amap, ils ne sont pas paysans mais transformateurs de produits des paysans. Sont-ils vraiment de faux amis ? Au cours des discussions, nous avons vu que si ces artisans respectent nos fondamentaux, en termes de qualité, traçabilité...,  comment sont rémunérés les producteurs de la matière première, farine, lait, ces artisans ne sont pas toujours de faux amis.

Puis, nous avons aussi beaucoup évoqué les fondamentaux et les valeurs des AMAP rappelés ici par ces mots :  PARTENARIAT - CONFIANCE - BIO - COHERENCE - TRANSPARENCE - CONTRAT – ENGAGEMENT - AGRICULTURE PAYSANNE -   ECONOMIE SOLIDAIRE - TRAÇABILITE - LIENS AU SOL - SOLIDARITE

Depuis 10 ans les AMAP ont évolué dans leur fonctionnement, des assouplissements ont été apportés pour faciliter la tâche aux producteurs et aux consommateurs, car on s'est posé aussi la question :  pourquoi on ne vient pas à l'AMAP : Horaires ? lieu ? prix ? part de récolte ? Produits ?
Qualité ? ….
Certains producteurs vont vers d'autres formes de commercialisation, compte tenu de la diminution du nombre de contrats en AMAP.
Comment permettre aux producteurs de ne pas se planter avec les autres formes : l'Essaimage des AMAP  est toujours possible.
Tous les amapiens ne sont pas des militants, parfois les amapiens ont essayé d'autres formes de vente directe avant, et c'est déjà un premier pas ; comment les diriger vers l'AMAP ensuite ?
Donc savoir communiquer au sein même de nos AMAP, expliquer sans relâche, ne pas se reposer sur nos habitudes, savoir accueillir les nouveaux amapiens.
Mais, aussi communiquer vers l'extérieur de notre spécificité :
« Ce n'est pas le produit qui compte, mais l’humain qui est derrière »