La réalité des pratiques de la Ruche face aux petits paysans

Actualité - 13/03/2015

La réalité des pratiques de la Ruche face aux petits paysans

Loin de l’attitude de défense dont elle se targue, la Ruche ne promeut ni plus ni moins que des pratiques de concurrence sauvage et de recherche de profit face aux petits paysans qui entendent continuer à vendre leur production sans payer de commissions à des prestataires dont ils n’ont pas besoin. Témoignage de paysan en AMAP à lire:

Voici comment cela s’est passé à la Ferme du Chat qui Danse, en pleine campagne, à 3km d’un bourg de moins de 3000 habitants. Début 2014, la voisine du bas de la rue est venue nous voir au magasin de la ferme lors d’une de nos ventes hebdomadaires (nous y vendions nos légumes) pour nous demander si nous accepterions de vendre des légumes par l’intermédiaire du site de la Ruche qu’elle souhaitait créer chez elle pour compléter son revenu.

Nous lui avons expliqué que nous ne voyions pas d’intérêt à aller vendre nos légumes à 400m de notre ferme, en laissant au passage plus de 16% du prix de vente. Nous lui avons expliqué nos horaires de travail (50 à 60h/sem en moyenne, 2 semaines de congés par an, 6 jours sur 7), le revenu faible que nous en tirions (entre 1000 et 1200€ chacun, ma femme et moi), et que nous ne pouvions pas nous permettre d’en « donner » encore une partie. D’autant que nous vendons déjà toute notre production, en direct. Laisser 16,7%(HT) du prix de vente de nos légumes, cela équivaut à laisser 25 à 30% du revenu de la ferme (avant cotisations sociales, remboursements d’emprunts, salaires etc.). La réponse de l’intéressée fut des plus honnêtes : « vous avez déjà de la chance d’avoir du travail ! »

La suite de l’histoire, c’est que la Ruche s’est ouverte au cours de l’hiver, sous couvert de statut associatif qui laisse rêveur*, et a commencé à vendre des produits allant du savon aux fruits en passant par les biscuits et le café… Mais on peut aussi y commander des légumes bio, comme ceux que l’on produit et vend à la ferme, mais venant d’une exploitation à 15km de chez nous…

A la Ruche, si tu ne veux pas payer pour vendre tes légumes à 400m de chez toi (en laissant près de 30% de ta marge), saches que l’on fera venir un autre producteur pour le faire. Tu ne veux pas vendre chez nous, on va vendre en bas de chez toi  !
Ces pratiques ne vous rappellent-elles rien ?

Voilà comment la Ruche défend l’agriculture locale et les petits paysans, à coup de campagnes marketing et de levées de fonds (plus de 1,5M€ !*).
Vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas…

Amaury Cormier, maraîcher bio à La Ferme du Chat qui Danse (44).

* Association RENCONTRE CULTURELLE ARTISTIQUE ARTISANALE. Objet : permettre aux publics de toute catégorie sociale de découvrir les richesses culturelles qui nous entourent ; donner la chance aux artistes, aux artisans d’art ou gastronomiques qui se lancent dans leur métier de se faire connaître.
*source : http://business.lesechos.fr/entrepreneurs/financer-sa-croissance/10024122-le-deal-de-la-semaine-la-ruche-qui-dit-oui-leve-1-5-million-d-euros-35355.php