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Portrait d?AMAP : les Renards, au c½ur du quartier

Portrait d?AMAP : les Renards, au c½ur du quartier

Comme toutes les AMAPs, celle des « Renards » est particulière, et se caractérise par son implication dans le quartier, le travail avec le CSC la Boissière, les expérimentations sociales et la qualité du dialogue avec les producteurs. Portrait.

Comment s’est créée l’AMAP ?

L’AMAP s’est créée en 2007 (distribution 2008), à l’initiative d’un producteur de Terroirs 44 qui au final ne participera qu’au lancement du projet. C’est une initiative militante, un échange entre futurs coordinateurs et producteurs qui cherchent des solutions en circuits-courts, ont entendu parler des AMAPs et décident de creuser. Le lancement se fera avec une démarche de parrainage avec un « mangeur ».

L’AMAP commence avec 30 paniers, 50 aujourd’hui. Caractéristiques : beaucoup d’AMAPs à proximité, pas forcément une forte demande dans ce quartier populaire, un noyau dur, stable et fidèle, notamment constitué de parents d’élèves de l’école proche, tout cela fait au final un fonctionnement équilibré.

Aujourd’hui l’AMAP des Renards c’est 7 producteurs (légumes, fruits, miel, pain, produits laitiers, poisson et viande), et une vraie démarche d’intégration sociale dans le quartier








 

Partenariat avec le CSC, projets sociaux

La première spécificité de l'AMAP des Renards est la multiplication des expériences "sociales" et l'intégration à la vie du quartier. Au départ les distributions se faisaient chez les uns, chez les autres et tournaient, et puis, l'opportunité d'organiser les distributions au Centre Socio Culturel s'est présentée. L'AMAP est ouverte sur le quartier (habitants proches et quelques entreprises), mais la mixité sociale était faible.

Une première expérience est tentée: le CSC va commander quatre demi-paniers pour les redistribuer. 8 Familles sont intéressées au début, mais les contraintes de l'AMAP sont difficiles à accepter (choix, quantité, produits difficiles à cuisiner, fonctionnement du centre pas toute l'année), l'expérience n'est pas très concluante.

L'année suivante une seule famille est intéressée au départ puis quatre à la fin de l'année.

L'AMAP avec le CSC se sont mobilisés, ont porté leur attention pour suivre ces familles en difficultés financières, il fallait toujours s'organiser pour que les paniers ne soient pas perdus. La "récompense"? Une des quatre familles prend un panier et s'engage à l'année, devient une famille "normale" de l'AMAP, ce qui est la finalité.

Pour la nouvelle saison, les liens entre l'AMAP et le CSC se renforcent et les acteurs se rendent compte qu'il faut inscrire ces relations dans un projet plus étendu. Des rencontres seront ainsi organisées (présentation de l'AMAP), des ateliers de cuisine, pour que les mangeurs et des acteurs issus de milieux plus favorisés "entrent" dans le centre, c'est aussi dans ce sens là que va la mixité. Avant les distributions au CSC peu de mangeurs savaient qu'il existait.

Bilan: une expérimentation à poursuivre, avec un impact modéré (nombre de familles touchées, ateliers) et essentiellement l'implication des coordinateurs, mais une expérience enrichissante pour tous.

Le partenariat avec les producteurs

Seconde spécificité de l'AMAP des Renards, les liens de partenariat étroit tissés entre mangeurs et producteurs au fil du temps, une relation de confiance qui s'est construite progressivement. La mise en contact avec les maraîchers actuels se fait par l'Interamap, les frères Rouxel sont en reconversion bio, souhaitent faire des œufs et s'associer (un seul des deux était maraîcher). Le soutien est au cœur de la charte AMAP, les rencontres se passent bien, les maraîchers ont expliqué leur démarche, et puis c'est pratique car la livraison peut être coordonnée avec une AMAP proche (La Prime) pour optimiser les déplacements.

Le dialogue a été approfondi entre les mangeurs et les producteurs pour co-construire le projet.

Au bout d'un an, le dialogue s'est poursuivi et les producteurs ont ouvert leur comptabilité aux mangeurs dans un soucis de transparence, ce qui les a d'ailleurs amené à constater que l'approche n'était pas bonne et que les producteurs ne tiraient pas un salaire décent de leur travail, tout en étant gênés pour les paniers si un produit n'avait pas marché. Ensemble mangeurs et producteurs ont repris leur relation à zéro avec quelques nouveaux principes:

  • Le salaire ce n'est pas ce qui reste à la fin, c'est un des coûts de production à intégrer
  • Révision à la hausse du prix du contrat
  • Annualisation des contrats
  • Passage à une logique de coût: 800 euros par an et par famille, pour 48 semaines, on ne parle plus de prix de panier, mais d'"abonnement pour un service" . Au cours d’un des sondages annuels, des questions posées sur le salaire des producteurs et leur temps de travail ont permis aux amapiens de mieux appréhender la réalité.

Au delà de la relation avec les mangeurs les frères Rouxel ont également fait la démarche de rencontrer des producteurs parrains - profitant des passages de Daniel Vuillon chaque fois que possible - qui ont été précieuses pour progresser dans le métier, pour le plus grand bénéfice des mangeurs.

Enfin la collaboration se fait aussi autour des "coups de main" à la ferme: pommes de terre, tunnels. L'habitude est prise, plusieurs mangeurs passent chaque année quelques jours chez le producteur pour se ressourcer et pour l'aider, à tel point que l'accueil des bénévoles de passage est de plus en plus fréquent et a amené les producteurs à organiser cet accueil.

L'AMAP en pratique

Pas deux AMAPs organisées pareilles, alors chez les Renards comment ça marche? Petite liste de trucs pratiques mis en place:

  • 1 produit = deux coordinateurs (remarque au passage, en général les mangeurs sont réticents au départ puis se rendent compte que finalement ça n'est pas difficile, et restent coordinateurs)
  • Pas de nouveaux produits sans nouveaux coordinateurs et des coordinateurs anciens ou récents motivés , sans oublier le président, et qui s’épaulent d’une production à l’autre, selon les besoins
  • Un sondage des attentes est organisé chaque année et le producteur apporte sa réponse au cours d’une réunion débat
  • Il y a une association qui permet de payer l'assurance pour distribuer au CSC
  • L'association apporte d'autres avantages: formalisme des AG et existence d'une cagnotte
  • L'AG se fait chez un des producteurs c'est une des façons de faire venir les mangeurs chez le producteur (aux visites il n'y a pas tout le monde mais au fil des ans, ça tourne)
  • Le producteur doit envoyer chaque semaine un petit message mis en forme et publié sur le site
  • Cueillette des cerises chez le producteur
  • Les nouveaux arrivent par le bouche à oreille mais aussi presque exclusivement par le site Internet
  • Participation aux manifestations du quartier (marché de noël, jardins familiaux)
  • Il n'y a qu'une ou deux personnes qui savent utiliser le site, pour gérer les membres et communiquer, mettre en ligne l'information
  • La cagnotte sert à participer au stand
  • Après sollicitation, les mangeurs ont trouvé légitime de soutenir le projet Internet Energie Locale, puisque l'outil est indispensable et il avait une cotisation