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Une visite sur place pour mieux connaître le métier 2/2

Actualité du 25/10/2010

Une visite sur place pour mieux connaître le métier 2/2

Deux groupes de futurs mangeurs impliqués dans la création des AMAPs poissons se sont rendus sur l'île d'Yeu à la rencontre du métier des pêcheurs, un peu comme une visite à la ferme, mais sur un bateau, à la criée et à l'atelier de mareyage. Récit.

La criée
Un groupe de mangeurs volontaires a participé à une criée sur l’île d’Yeu. Il s’agissait également de visiter l’atelier de la coopérative de mareyage qui interviendra dans le circuit-court.
La criée c'est l'endroit où se vendent et se conditionnent les poissons, ci-dessous, le plan du bâtiment de la Criée avec emplacement des ateliers de mareyage. La criée se passe dans la pièce à gauche dont on ne voit que l’entrée, Yeu mareyage - la coopérative - est dans le local en bleu ciel.


Lieu de la Criée avec les ateliers de tri au fond à gauche
Pendant la nuit qui précède la criée, le poisson est déposé dans le frigo-tampon de la Criée par les pécheurs, après identification des lots par le pécheur (espèce et nom du bateau), au fur et à mesure des retours de pèche de la veille.
Les employés de trient le poisson, marquent les lots et les entrent sur l’ordinateur qui servira à la Criée.

Pendant la Criée, les acheteurs (ce lundi ils étaient 5) participent à la Criée par l’intermédiaire d’un boîtier muni d’un unique bouton qui permet d’arrêter l’enchère descendante qui ensuite remonte selon la demande. L’enchère s’arrête quand plus personne n’appuie sur son « bouton » et le nom du dernier à enchérir apparaît à l’écran, il met alors son nom dans la caisse. Si personne n’arrête l’enchère descendante, en-dessous d’un prix de retrait défini et affiché à l’avance, le lot est « retiré » c’est-à-dire qu’il sera détruit.
En ce moment par exemple, le merlu est beaucoup péché et mal vendu, mais la coopérative de mareyage achète une partie des lots avant qu’ils ne soient retirés, pour aider à maintenir les cours. Les différents lots se sont vendus entre moins d’un euro et 25 euros du kilo, la moyenne du jour au kilo étant juste en-dessous de 6 euros.
Au fur et à mesure que les lots sont achetés, les employés des différents ateliers de mareyage (présents dans le même bâtiment) viennent chercher les lots et commencent leur travail.
De nombreuses espèces étaient présentes dans les lots de ce matin-là, parfois même des espèces peu pêchées…

Visite de l’atelier de mareyage

Le groupe arrive à l'atelier à 6h. Les employés sont déjà à l’œuvre. celui qui a mené les enchères pour la coopérative prend alors place dans un bureau vitré attenant à l’atelier : il prend son téléphone et cherche des acheteurs puis passe les commandes en direct à l’employé qui constitue les caisses. Une autre personne remplit ensuite la caisse de poisson de glace et la ferme. Les caisses sont empilées puis étiquetées avec le numéro de lot correspondant au travail du jour.

Plus tard, les palettes de caisses en polystyrène seront mises en container frigorifiques et embarquées dans le bateau de marchandises vers le continent pour les expéditions.
Ce jour-là les employés ont eu à écailler et préparer en filet une commande de merlu, préparer les raies (saison pleine) en enlevant la tête (la moitié du poids). Nous apprendrons plus tard que les poissons sont vidés à bord du bateau par les marins hormis le bar et le rouget qui de par leur fragilité à la conservation ne se vident pas.
Nous repartons vers 7h et revenons vers 12h. Les ouvriers sont encore à l’œuvre, certaines palettes sont emballées dans du papier cellophane et vont vers les containers, d’autres caisses en sont encore à se constituer. Ce travail nous semble assez épuisant et fastidieux (2 nouvelles personnes ont d’ailleurs remplacé les 1ères). Le rythme est soutenu, ce qui ne les empêche pas de répondre à toutes nos questions avec bonne humeur.
Nous allons alors jeter un œil sur le lieu de la Criée qui a été entièrement nettoyé et rangé, les lieux sont prêts pour le lendemain, les pécheurs ont déjà commencé à remplir le frigo tampon.
Pendant ce temps, notre contact édite les factures correspondant aux lots vendus au fur et à mesure, la secrétaire étant absente ce jour-là.

Visite d'un des bateaux du projet
Nous avons RDV à 12h30 au bateau, à 100m du bâtiment de la Criée (exceptionnellement pas en mer). Nous visitons les lieux, la coque est en polyester, bateau fait selon ses besoins par un petit fabriquant qui s’est ensuite resservi du moule pour d’autres bateaux de pêche. La structure est donc assez légère, ce qui favorise le roulis – une pensée pour les personnes du groupe charte qui ont passé 7h dans une mer agitée - Bruno qui nous a accueilli est content et fier de tout nous expliquer, et nous de comprendre la chaîne d’un bout à l’autre depuis la pêche jusqu’à l’expédition vers le continent.

Dans le circuit-court en projet, le poisson passera également par la criée pour pouvoir être livré ensuite, par contre les lots seront directement rachetés par les pêcheurs. Certains circuits-courts poisson dans d'autres départements s'affranchissent du mareyage, mais il s'agit d'un autre type de circuit ultra-court, directement sur du bateau (les pêcheurs ont ce droit pour une petite partie des pêches, mais aucun transport possible).

Containers utilisés pour le transport

dernière mise à jour le 27/04/2013 par E. Locale