Accéder au contenu

Portrait d?AMAP : La carotte de Chantenay

Portrait d?AMAP : La carotte de Chantenay

Visite de l?AMAP un soir de livraison (et de renouvellement de contrats). Portrait d?une AMAP historique qui aura connu plusieurs vies et qui s?épanouit désormais au milieu des abeilles.

 

La carotte de Chantenay, carte d’identité

Située dans le bas Chantenay à la maison de l’apiculture, l’AMAP de la Carotte de Chantenay tiendrait son nom d’une variété ancienne de ce beau légume, à l’époque où le quartier était terre de maraîchage.

C’est également le nom d’une AMAP qui a vécu plusieurs époques et qui s’épanouit aujourd’hui avec deux producteurs, Dominique Sauvestre (maraîcher) et Olivier Grayon (pain) à la maison de l’apiculture tous les mercredi soirs.

100 contrats de légumes, dont quelques uns à 5 euros, une trentaine de contrats pains des contrats œufs à venir et une originalité : une vingtaine de « contrats compost ».

Une histoire mouvementée...

L’AMAP de la carotte a du mettre deux fois son activité entre parenthèses en fin de saison. Non renouvellement des contrats avec des producteurs qui ne pouvaient plus assumer l’AMAP, manque de confiance ou d’investissement des membres, la carotte a connu plusieurs expériences difficiles – surtout l’hiver ! – qui rappellent que le fonctionnement en AMAP n’est facile ni pour le producteur, ni pour les mangeurs : cela demande du temps, le développement d’une relation de confiance, de l’investissement et beaucoup de communication et d’échanges.

Quelles leçons tirer de ces expériences carottiennes? Des conseils qui sont toujours les mêmes:
- Bien communiquer entre les membres
- Développer une confiance en se rendant sur la ferme
- Ecouter le producteur et expliquer ses craintes, apprendre à parler des difficultés
- Bien savoir que livrer une AMAP est très difficile pour un jeune producteur

Aujourd’hui la situation est beaucoup plus sereine, détendue, les contrats sont en cours de renouvellement pour une année complète, après deux contrats de six mois qui ont donné satisfaction à tous, producteur et mangeurs. Finalement, au fil des ans et des expériences, le collectif a su gérer le passage du flambeau pour l’organisation, et trouver ses solutions pour que l’AMAP fonctionne durablement, .

Dominique Sauvestre maraîcher

Le maraîcher de la carotte n’est pas un néophyte de l’agriculture biologique, et ça aide ! La ferme « EARL Les grands chênes » s’étend sur 6 hectares pour les légumes, et est située en Vendée.

Dominique travaille en agriculture biologique depuis 1981 « Depuis le début, dans l’ouest, la ville de Nantes est le poumon pour la consommation en produits biologiques. Nous avons une place au MIN depuis 81 et travaillons avec les magasins Horizon vert depuis 86. Les vendéens ont des jardins, et la population est moins urbaine, avec moins de consommateurs bios. Cela a tendance à évoluer, notamment à La roche sur Yon où se développent les AMAPs. ».

Pourquoi cette ouverture vers les ce nouveau mode de vente directe ? « Pour varier un peu les cultures et pour l’intérêt relationnel et le contact direct. Et puis il ne faut pas se voiler la face, c’est également pour faire un peu moins de marchés de gros qui sont un univers assez impitoyable, où tous les producteurs de toutes les régions sont en concurrence. C’est aussi une façon de diversifier ses clients et ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. »

Pourquoi ne pas faire que des AMAPs ? Pour la même raison, et parce que les modes de vente se complètent bien (AMAP, cantine, marché, MIN, vente à la ferme), cette variété permet de diminuer le gaspillage et optimiser la production.

Car oui, Dominique Sauvestre a pour particularité de livrer la cantine du village qui est passée au bio. Les menus sont préparés 3 mois à l’avance avec le cuisinier, et comme cela ne représente que 1% du chiffre, ça n’est pas trop structurant ni risqué pour l’activité de l’exploitation. Comme quoi, il est désormais prouvé qu’il est possible de faire fonctionner une cantine avec un producteur local, un cuisinier et des produits de saison bios, sans augmentation du prix des menus.

Comment fonctionne l’AMAP aujourd’hui ?

Quelques retours d’expérience développés à l’AMAP de la Carotte de Chantenay au fil des contrats.

Pourquoi faire des paniers à 5 euros ? Pour ne pas exclure de mangeurs à cause de la barrière du tarif, même si ce sont des paniers difficiles à gérer (trop petits). Mais c’est très marginal dans le total des 100 paniers.

Pourquoi être passé au contrat d’un an ? Parce que chaque renouvellement représente une montagne de paperasserie. Il est tout à fait possible de préparer plusieurs chèques à l’avance. Au pire si quelqu’un souhaite vraiment partir, avec des bonnes raisons il est possible de s’arranger. Bien sûr il n’est possible de faire cela que quand la confiance est établie, ce qui était le cas.

Ce renouvellement a été l’occasion d’organiser le passage de relais entre les organisateurs historiques de l’AMAP et de nouvelles personnes impliquées. Le sujet a été évoqué bien en amont, et il y a eu une réunion et un peu un « ultimatum » pour inciter les volontaires à se déclarer : « on passe la main ou tout s’arrête »

Pourquoi ne pas avoir créé d’association ? Pour ne pas créer une structure, c’est fait exprès pour que les mangeurs soient invités à se bouger spontanément, il y a un côté déresponsabilisation dans l’association parce qu’on sait trop bien qui est dans le bureau et qui n’y est pas. Et puis d’ailleurs à la Carotte, les rôles et les responsabilités ne sont pas trop explicitement répartis pour que chacun se bouge.

Sur la transparence et la présence du producteur ? Il a été convenu dès le départ que le producteur pouvait compléter des paniers à la marge par des échanges avec d’autres producteurs en agriculture biologiques près de chez lui, identifiés dès le départ. Il y a toujours quelqu’un de la ferme à la livraison, mais pas toujours le « producteur » qui vient le plus souvent possible.

Le pain

La Carotte de Chantenay c’est aussi le pain avec Olivier Grayon, qui fournit en tout 6 lieux de distribution AMAP, 1 marché et une chorale. Parfois il s’est organisé pour livrer deux AMAPs dans la même journée, en faisant des allers / retours, c’est le seul moyen d’avoir un nombre de familles suffisantes, puisque toutes les familles de l’AMAP légumes ne prennent pas forcément de pain (à peu près 30 contrats à la Carotte).

A noter qu’Olivier utilise l’outil d’amap44.org / panierlocal pour gérer les commandes de pain et permettre aux mangeurs de modifier leurs choix en cours de contrat et ainsi découvrir d’autres pains.

Autour de l’AMAP

Autour de ces produits il y a notamment Compostri, qui a installé un composteur et « formé » une vingtaine de familles à son utilisation. Chaque nouvel arrivant est accueilli pour une prise de connaissance avec le compostage collectif.

Aujourd'hui le compost n'est pas donné à l'agriculteur dans la mesure où la production reste naissante et où les jardins de la maison de l'apiculture sont ravies de cette production locale.

Compostri est également présent avec l'AMAP du Tillay (Saint Herblain) et d'autres composteurs sont présents sur la métropole (Trentemoult, Beaulieu, Séquoia, etc.).

L'AMAP de la carotte a aussi pour particularité d'être au milieu des ruches de la maison de l'apiculture, qui, malgré la situation citadine, voit les populations d'abeilles souffrir des agressions actuelles.